Équipement obligatoire à scooter : casque et gants
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Équipement obligatoire à scooter : casque et gants

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Le minimum légal pour rouler à deux-roues motorisé en France tient en trois éléments : un casque homologué et attaché, des gants certifiés, et un gilet rétroréfléchissant à bord. C’est peu. C’est tellement peu qu’un conducteur en règle peut parfaitement rouler en short et en baskets, ce qui est légal et absurde.

Voici ce que la loi exige exactement, ce que coûte le non-respect, et surtout ce qui manque cruellement dans cette liste.

Le casque : homologué, à la bonne taille, attaché

Le casque est obligatoire pour le conducteur et pour le passager, sur tout deux-roues motorisé, y compris un cyclomoteur de 50 cm³ roulant à 45 km/h. Aucune exception, aucune tolérance en ville.

Trois exigences se cumulent, et les contrôles portent sur les trois.

L’homologation d’abord. Le casque doit porter l’étiquette d’homologation cousue sur la sangle, avec un code commençant par un E dans un cercle. La norme actuelle est ECE 22.06, qui a succédé à la 22.05. Les casques homologués sous l’ancienne norme restent utilisables, mais un casque de vélo, un casque de chantier ou un casque de collection sans étiquette ne sont pas des casques de moto au sens du code.

L’attache ensuite. Un casque non attaché ou mal attaché est considéré comme un casque non porté. La jugulaire doit être bouclée, serrée à un ou deux doigts sous le menton. Un casque simplement posé sur la tête part au premier choc, avant même que la tête ne touche le sol.

La taille, enfin, n’est pas dans la loi mais elle décide de tout. Un casque trop grand tourne au moment de l’impact et laisse le visage exposé. Il doit tenir sans jugulaire quand vous secouez la tête, et laisser une empreinte légère sur le front après une demi-heure. Il ne se prête pas, il ne se transmet pas, et il se remplace après toute chute, même sans dégât visible : la coque absorbe le choc en se déformant à l’intérieur, une fois, et une seule.

La sanction pour défaut de casque conforme ou attaché est une amende forfaitaire de 135 euros, assortie d’un retrait de 3 points. Un jeune conducteur en période probatoire peut y laisser une part significative de son capital.

Les gants certifiés, obligatoires depuis 2016

Paire de gants de moto en cuir posée sur une selle de scooter, coquille de protection visible

Depuis le 20 novembre 2016, le port de gants certifiés est obligatoire pour le conducteur et pour le passager d’un deux-roues ou trois-roues motorisé.

Ce ne sont pas des gants quelconques. Ils doivent être certifiés pour l’usage moto et porter un marquage attestant leur conformité. Des gants de jardinage, des gants de ski, des mitaines de vélo ou des gants en laine ne conviennent pas, même s’ils couvrent la main.

La sanction est une amende forfaitaire de 68 euros et un retrait d’un point. Elle s’applique séparément au conducteur et au passager, et c’est le conducteur qui est responsable de son passager.

L’obligation a été mal accueillie, et elle est pourtant l’une des plus justifiées. Le réflexe humain devant une chute est de tendre les mains. À 30 km/h, une paume nue en contact avec du bitume perd son épiderme et son derme en une fraction de seconde, sur toute la surface. Les greffes de peau qui suivent immobilisent des semaines, et les séquelles fonctionnelles sont fréquentes. Un gant à 40 euros supprime ce scénario.

Choisissez-les avec une coquille de paume et un renfort sur le côté externe de la main. La fermeture au poignet compte autant que la matière : un gant qui s’arrache au moment du glissement ne protège rien.

Le gilet rétroréfléchissant, la règle mal comprise

C’est la règle que presque tout le monde comprend de travers.

Vous devez détenir à bord un gilet rétroréfléchissant, à tout moment. Sous la selle, dans le top-case, dans une poche : peu importe, mais il doit être là et accessible. Ne pas l’avoir constitue une contravention.

Vous devez le porter en cas d’arrêt d’urgence sur la chaussée ou ses abords, panne, accident, immobilisation forcée. C’est précisément le moment où un conducteur de deux-roues, debout au bord d’une route, est le plus vulnérable. Ne pas le porter dans cette situation coûte une amende bien plus lourde, avec retrait de point.

Vous n’êtes pas obligé de rouler avec, en revanche, contrairement à ce que beaucoup croient. Le gilet en roulant est une bonne idée, pas une obligation.

Le minimum légal ne suffit pas

Blouson de moto avec protections aux épaules et aux coudes, posé sur le guidon d’un scooter

Un conducteur en règle peut rouler en tee-shirt, en short et en sandales. C’est légal. C’est aussi la garantie qu’une chute anodine à 40 km/h se termine à l’hôpital.

Quatre pièces manquent au minimum légal, et elles se justifient toutes par des chiffres et non par de la prudence abstraite.

Le blouson à protections. Épaules et coudes protégés par des coquilles, tissu résistant à l’abrasion. Un blouson certifié pour l’usage moto se reconnaît à son marquage de conformité. Comptez 100 à 300 euros pour un modèle correct, et ne confondez pas avec un blouson de mode en cuir fin, qui s’ouvre au premier mètre de glissade.

Le pantalon renforcé. C’est la pièce que tout le monde saute. Une glissade sur le flanc use un jean ordinaire en quelques mètres, puis la peau juste après. Il existe des pantalons de ville doublés, portables au bureau, entre 120 et 250 euros.

Les chaussures montantes. La cheville est l’articulation la plus fragile en deux-roues, et la plus fréquemment touchée. Une chaussure qui couvre la malléole, avec une semelle rigide, réduit les torsions. Les baskets basses ne protègent rien et se déchaussent au moment de l’impact.

La dorsale, enfin, à intégrer dans le blouson ou à porter séparément. Elle prend tout son sens dès qu’on roule vite ou hors agglomération.

Intégral, jet ou modulable : le vrai arbitrage

Le code n’impose aucun type de casque, seulement une homologation. Le choix vous appartient, et il n’est pas neutre.

Le casque jet, ouvert sur le visage, est le plus confortable en ville et le plus apprécié l’été. Il laisse la mâchoire, le menton et les dents totalement exposés. Les études d’accidentologie situent la zone mentonnière parmi les points d’impact les plus fréquents lors d’une chute frontale, et c’est précisément la zone qu’un jet ne couvre pas. Un jet avec écran couvre les yeux, pas la structure du visage.

Le casque intégral protège l’ensemble de la tête. Il est plus chaud à l’arrêt, plus bruyant à haute vitesse selon les modèles, et il isole davantage des sons extérieurs, ce qui demande un temps d’adaptation. C’est le choix rationnel dès que l’on sort du strict usage urbain à basse vitesse.

Le modulable, dont la mentonnière se relève, tente de concilier les deux. Il est plus lourd, plus complexe mécaniquement, et sa protection dépend du verrouillage effectif de la mentonnière en position basse. Rouler mentonnière relevée, hors arrêt, dégrade la protection et fatigue la nuque.

Quel que soit le type retenu, remplacez le casque après cinq ans environ, ou immédiatement après une chute. Les mousses internes se tassent, la coque vieillit, et un casque qui flotte ne remplit plus sa fonction.

Le passager, les mêmes règles

Le passager doit porter un casque homologué et attaché, et des gants certifiés. C’est le conducteur qui est sanctionné si le passager ne l’est pas.

Un passager sur un cyclomoteur de 50 cm³ n’est autorisé que si la machine dispose d’une selle biplace et de repose-pieds passager d’origine. Un scooter monoplace transformé avec une selle bricolée n’autorise pas le transport d’un passager, quel que soit l’âge de celui-ci.

Les enfants de moins de 5 ans ne peuvent pas être transportés sur un deux-roues, sauf dans un siège spécialement adapté avec un système de retenue et des repose-pieds. Au-delà, le casque doit être à leur taille, ce qui exclut le casque d’un adulte posé sur la tête d’un enfant de sept ans.

Le tableau des sanctions

InfractionAmende forfaitairePoints
Casque non conforme, absent ou non attaché135 euros3 points
Gants non certifiés ou absents68 euros1 point
Gilet non détenu à bordContravention de 1re classeAucun
Gilet non porté en arrêt d’urgence135 euros1 point
Passager sans casque135 euros, au conducteur3 points

Un contrôle qui cumule casque non attaché et gants absents fait donc 203 euros et 4 points. Un jeune permis en probatoire, doté de 6 points, en perd les deux tiers en une seule fois.

Le budget réel d’un équipement correct

Un équipement complet et cohérent représente un investissement, mais il s’amortit sur des années.

PièceFourchette de marchéDurée de vie
Casque intégral ou modulable100 à 400 euros5 ans, ou après une chute
Gants certifiés40 à 120 euros2 à 4 ans
Blouson à protections100 à 300 euros5 ans et plus
Pantalon renforcé120 à 250 euros5 ans et plus
Chaussures montantes80 à 200 euros3 à 5 ans
Gilet rétroréfléchissant5 à 15 eurosPlusieurs années

Soit 445 à 1 285 euros pour un ensemble complet. Rapporté à cinq ans, cela représente entre 7 et 21 euros par mois. Une seule chute mal équipée coûte davantage, en jours d’arrêt de travail, avant même de parler de séquelles.

L’équipement prend encore plus d’importance dès que la chaussée est humide, où l’adhérence chute et où la moindre erreur se paie : les réflexes à adopter sont détaillés dans rouler à scooter sous la pluie : les réflexes. Et si vous prenez un deux-roues en location, vérifiez que le casque fourni est homologué et à votre taille : c’est un point de l’état des lieux, comme rappelé dans louer un scooter : papiers, caution et assurance.